LA SAGA DE LA FAMILLE CITROËN, une histoire européenne

LA SAGA DE LA FAMILLE CITROËN, une histoire européenne

La famille Citroën sort de l’ordinaire. Pas seulement parce qu’elle porte un nom très connu qu’André Citroën a rendu célèbre mais parce qu’elle a des particularités notables très diverses et des racines variées.

C’est une famille issue de l’immigration : elle a des attaches dans divers pays européens. C’est le père d’André Citroën qui émigre de Hollande pour s’installer en France au 19e siècle. La mère d’André Citroën était polonaise. Georgina Bingen, l’épouse d’André Citroën, était italienne. Mon père Bernard était français. Ma mère Piroska était hongroise, naturalisée suédoise pendant la guerre ; elle parlait couramment 7 langues. Je suis né en Espagne, tout comme mon frère Philippe. Mon frère Bernard est né en France. Il est marié avec Jeffrey Krogh, qui est danois, naturalisé britannique. Mon cousin germain, le marquis André de Saint-Sauveur (fils de Jacqueline Citroën) a épousé Ivana Andjelic-Walch, d’origine yougoslave. C’est ainsi une famille vraiment européenne.

C’est aussi une famille d’émigration. Mes parents ont vécu longuement en Espagne puis au Mexique. Pendant la 2e guerre mondiale, ma mère a vécu en Italie avant de se réfugier en Suède. J’ai vécu longtemps au Venezuela (où mes 3 enfants sont nés). Mon frère Philippe habite Bruxelles. Mon frère Bernard vit entre la Grande-Bretagne et le Luxembourg. Ma fille Clémentine a longtemps vécu en Colombie (ses 2 enfants sont colombiens). Ma fille Anne-Rosalie vit en Grande-Bretagne.

Du côté de mon père, c’est une famille d’origine juive mais une partie s’est convertie au catholicisme. Pendant les années 60, mon père a été baptisé. Ma mère était catholique pratiquante. Mes frères et moi avons été élevés dans la religion catholique.

La famille Citroën comporte de nombreux combattants qui se sont battus pour la France et, dans certains cas, sont morts pour elle : mon grand-oncle Bernard Citroën, frère d’André Citroën, est mort en 1914 dans les tranchées de la 1ère guerre mondiale, en essayant de secourir un compagnon blessé – André Citroën a été combattant dans les tranchées avant de prendre l’initiative de proposer au gouvernement d’installer une usine d’obus en 1915 – Louis-Hughes Citroën, neveu d’André Citroën, est mort en déportation (1944) – Jacques Bingen, le beau-frère d’André Citroën, Compagnon de la Libération, Héros de la Résistance : il a assumé l’intérim de la Direction de la Résistance en zone Sud quand Jean Moulin est mort sous la torture ; trahi, Jacques Bingen a été arrêté par la Gestapo et a préféré se suicider (l’historien Jean Lacouture le considère comme l’un des 3 ou 4 personnages les plus exceptionnels qu’ait révélés la Résistance) – Son frère Max Bingen est mort pour la France en 1917 – Mon père Bernard a rejoint le général de Gaulle en Angleterre pour devenir pilote de bombardier dans le groupe Lorraine : il a réalisé de nombreuses missions de bombardement en Normandie et Bretagne en 1944. Avant cela, au début de la guerre, en tant que juif, il a été formellement destitué de l’armée française du régime de Vichy – Mon oncle Maxime Citroën a également combattu, en Afrique, pendant la 2e guerre mondiale.

La République a reconnu les mérites de certains membres de la famille Citroën en les faisant entrer dans l’ordre de la Légion d’Honneur : André Citroën (Grand-officier), ses enfants Jacqueline Citroën (Chevalier), Bernard Citroën (Commandeur) et Maxime (Officier) et son petit-fils Philippe Citroën (Chevalier).

La famille a été victime des forces obscures (ou pas si obscures) du capitalisme : en 1934, en pleine crise économique mondiale, André Citroën, dont la société « Automobiles Citroën » connaissait de sérieuses difficultés de trésorerie, n’a reçu aucune aide de ses partenaires ni des banques ni de l’Etat. Il a perdu le contrôle de l’entreprise puis est mort. Quelques mois plus tard, la société, désormais contrôlée par la famille Michelin, reprenait son essor. Mon père a raconté l’histoire dans son livre « La Conjuration de Javel ».

Par respect pour de tels ancêtres, leurs efforts, leurs sacrifices, leurs réussites, appartenir à une telle lignée donne des responsabilités et oblige à faire de son mieux pour tenter d’être utile, d’être à la hauteur …

HJCitroën / 24 avril 2020

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